Beaucoup de déséquilibres du quotidien — fatigue, brouillard mental, fringales, tensions — ne viennent pas d’un manque de volonté mais de mécanismes physiologiques qui fonctionnent mal ou qui ont perdu leur équilibre.

Dans cette lettre de mars, je vous propose d’explorer trois leviers très concrets pour remettre un peu d’ordre dans la machine :

  • comprendre et éviter les pics de glycémie

  • découvrir un challenge de respiration fonctionnelle accessible en ligne

  • et se retrouver samedi prochain à Auch pour un atelier mêlant yoga et respiration

Entrons dans le vif du sujet.

Révolutionner votre assiette : pourquoi votre façon de manger est plus importante que ce que vous mangez.

Fatigué des coups de barre et des fringales ? Découvrez comment l'ordre dans lequel vous mangez vos aliments peut stabiliser votre glycémie, booster votre énergie et transformer votre santé.

Une alimentation mal organisée provoque souvent une succession de pics et de chutes de glycémie. À court terme, cela se traduit par de la fatigue, des fringales ou un brouillard mental. Mais à moyen et long terme, l’organisme doit gérer ces excès répétés de glucides en les stockant sous différentes formes : graisses, rétention de liquides, mucus, polypes, nodules, pertes blanches, foie gras…

En Médecine chinoise, ces phénomènes d’accumulation participent à la formation de ce que l’on appelle l’Humidité, un facteur qui alourdit progressivement le fonctionnement du corps. Et si une partie de la solution ne résidait pas seulement dans ce que vous mangez, mais aussi dans l’ordre dans lequel vous le mangez ?

Le problème caché dans nos assiettes modernes

Notre corps fonctionne avec une mémoire génétique vieille de quelques millions d'années. Celle du chasseur-cueilleur nomade : beaucoup de mouvement, peu de nourriture, et un système hormonal parfaitement adapté pour stocker l'énergie lors des rares festins et la déstocker durant les longues périodes de jeûne. L'insuline, notre hormone de stockage, était alors une alliée précieuse pour la survie.

Avançons rapidement jusqu'à aujourd'hui. Notre mode de vie s'est inversé : nous mangeons beaucoup, nous bougeons très peu. Voitures, ascenseurs, livraisons à domicile, réfrigérateurs pleins à craquer... En moins de 80 ans, nous avons créé une société de surabondance et de sédentarité pour laquelle notre biologie n'est pas programmée.

Le résultat ? L'insuline, face à cet afflux constant de glucides (pâtes, riz, pain, lentilles, pois-chiches, desserts et autres sucreries…), continue de faire ce qu'elle sait faire : stocker, stocker, stocker… puisque cet excès de glucose dans le sang est inflammatoire. Et le corps, dans sa "créativité" pour gérer ce surplus, ne se contente pas de créer de la graisse visible.

Quand le corps dit "trop" : l'Humidité et le stockage interne

Un excès chronique de glucides, couplé à un système digestif affaibli par la surabondance et la sédentarité, mène à ce que la médecine traditionnelle chinoise nomme l'« Humidité ». Imaginez que chaque gramme de glucides retient quatre grammes d'eau dans votre organisme. Cette rétention ne reste pas liquide ; elle s'épaissit et se mélange aux tissus :

  • Cellulite (mélange aux tissus gras)

  • Mucus excessif (bronchique, intestinal)

  • Pertes blanches

  • Graisse viscérale (stéatose hépatique ou « maladie du foie gras »)

  • Épaississement du sang

  • Épaississement des tissus (hypertrophie de la prostate)

  • Formations plus dures : kystes, nodules, lipomes, fibromes, polypes...

Ces manifestations sont le signe que notre corps est submergé, qu'il stocke l'excédent partout où il le peut. Ce n'est pas juste une question d'esthétique ; c'est un signal d'alarme métabolique profond.

C’est aussi le signe que le système digestif n’est plus aussi efficace qu’auparavant et qu’il peine à assurer correctement sa fonction de tri. L’acupuncture peut alors intervenir pour soutenir et renforcer les ressources de l’organisme, en complément des adaptations alimentaires présentées ci-dessous et d’une mastication attentive.

La mécanique du pic de glycémie : l'effet montagnes russes

Inspirés par les travaux de Jessie Inchauspé, alias « Glucose Goddess », comprenons ce qui se passe après un repas riche en glucides :

  1. Le pic d'hyperglycémie : Les glucides (surtout s'ils sont mangés en premier et sans fibres) sont rapidement absorbés. Le taux de sucre dans le sang grimpe en flèche. Cet état est inflammatoire et dangereux pour le sang et les vaisseaux sanguins.

  2. La réponse de l'insuline : Le pancréas libère massivement de l'insuline pour capter cet excès de glucose et le forcer à entrer dans les cellules pour être stocké (sous les différentes formes que nous avons vues).

  3. Le crash d'hypoglycémie réactionnelle : Notre système, peu habitué à gérer une telle abondance, surcompense. L'insuline agit trop fort, faisant chuter le taux de sucre plus bas qu'avant le repas.

  4. Le retour des fringales : Ce crash crée une sensation de manque d'énergie et une envie urgente de... sucre (et ça ne veut pas forcément dire sucré). Le cycle infernal recommence, menant pour certains jusqu’à 5 ou 6 prises alimentaires par jour et une dépendance aux glucides.

Ce yo-yo constant épuise le pancréas, favorise la résistance à l'insuline (le précurseur du diabète de type 2), l'obésité et les maladies cardiovasculaires.

Une solution : changer l'ordre pour changer la courbe

La bonne nouvelle est qu'une stratégie simple, sans changer radicalement le contenu de votre assiette, peut largement modifier la donne. L'idée est de créer un "tapis" protecteur dans votre intestin pour ralentir l'absorption des glucides.

L'ordre idéal d'un repas :

  1. Les fibres, les protéines et les graisses d'abord : Commencez par les légumes, votre source de protéines (viande, poisson, tofu...) et de bonnes graisses. Fibres, protéines et graisses vont former un maillage dans votre intestin, en plus d’augmenter votre satiété.

  2. Les glucides et les sucres en dernier : Terminez par les féculents (riz, pâtes, pain) et les desserts.

En arrivant en dernier, les glucides devront traverser la barrière déjà présente. Leur absorption sera plus lente, plus progressive, et vous serez aussi tenté d’en manger moins. Le pic de glycémie est lissé, voire totalement évité. C’est ce que je vous propose d’observer à travers une série de graphiques.

Comment lire ces graphiques ?

L’axe vertical représente la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose dans le sang (en mg/dL).
L’axe horizontal représente le temps, depuis le moment où l’on consomme l’aliment jusqu’aux deux heures qui suivent.

La ligne de base correspond à la glycémie normale à jeun.

Les couleurs permettent de visualiser différentes zones physiologiques :

  • 🟢 Zone verte : zone de stabilité métabolique
    Dans cette zone, le glucose reste dans une fourchette que l’organisme peut utiliser immédiatement.
    L’énergie consommée peut être brûlée au cours de l’activité de la journée, sans stockage important.
    C’est la situation la plus favorable pour la vitalité, la concentration et la régulation de l’appétit.

  • 🌸 Zone rose : zone d’hyperglycémie
    Lorsque la glycémie monte trop haut, l’organisme doit sécréter davantage d’insuline pour faire redescendre le taux de sucre.
    Une partie du glucose est alors stockée dans les différents tissus que nous avons abordés plus haut, et devient en grande partie indisponible pour l’activité immédiate.
    Ces variations importantes favorisent également l’inflammation, la fatigue et les fringales.

Après un pic trop élevé, la glycémie peut redescendre trop bas : on parle alors d’hypoglycémie réactionnelle, qui pousse souvent à remanger rapidement, entretenant le cycle des grignotages et des coups de fatigue.

Manger un bol de riz en premier, c'est comme verser de l'eau dans un entonnoir vide : tout passe d'un coup. Manger des brocolis et du tofu avant ce même riz, c'est comme mettre un filtre à café dans l'entonnoir avant de verser l'eau : le flux est lent et contrôlé.

Respirer moins… pour vivre mieux

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que la respiration est un levier immense de transformation physiologique.

Mais encore faut-il savoir par où commencer.

C’est exactement l’objectif du Oxygen Advantage® 4-Week Breath Hold Challenge :
une exploration simple, progressive et accessible de la respiration fonctionnelle, en moins de 10 minutes par jour, pendant 4 semaines.

Cette initiative est principalement proposée en anglais, et s’adresse donc surtout aux anglophones ou aux anglophiles curieux d’explorer ces pratiques dans leur langue originale.

Pendant 4 semaines, vous découvrirez comment :

  • améliorer votre tolérance au CO₂

  • réduire l’hyperventilation chronique

  • calmer le système nerveux

  • améliorer l’énergie et la récupération

Le challenge est gratuit et se déroule entièrement en ligne.

C’est une excellente porte d’entrée si vous souhaitez commencer à explorer la respiration fonctionnelle de manière concrète.

Atelier Yoga & Respiration Fonctionnelle — Samedi prochain (le 21 mars)

En collaboration avec Emiliana Ocanto, professeure de Hatha Yoga, qui m’accueillera à Auch pour l’occasion, nous vous proposons une matinée pour explorer et expérimenter les liens entre la respiration fonctionnelle, la pratique du yoga et le pranayama.

Ou comment le fait de bien respirer — sur et en dehors du tapis — constitue une base solide pour construire, de façon autonome, une santé durable.

Pour celles et ceux qui souhaitent comprendre concrètement ce qu’une respiration plus fonctionnelle peut changer, cet atelier est une belle porte d’entrée pour en faire l’expérience et en percevoir les premiers effets.

En combinant nos pratiques, nous partagerons des outils simples, accessibles à toutes et à tous, permettant d’améliorer différents aspects de votre quotidien :

  • une meilleure récupération

  • davantage de clarté mentale

  • plus de stabilité émotionnelle

  • moins de tensions

  • et une énergie plus durable

Informations pratiques

Quand : samedi 21 mars, de 9h30 à 12h30
Lieu : Chapelle à Louer, 25 rue de Metz — 32000 Auch
Tarif : 50 €

Les places étant limitées, la réservation est nécessaire.

Que ce soit par l’alimentation, la respiration ou le mouvement, il existe des leviers simples pour retrouver plus de stabilité, d’énergie et de clarté dans le quotidien.

L’essentiel n’est pas de tout changer d’un coup, mais d’expérimenter, observer et intégrer progressivement ce qui fait réellement du bien au corps.

À très bientôt,

Julien

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